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2009, début de l'aventure de la création du jardin des poètes de La Petite Pierre, ce site magique

En 1999, l'aventure du jardin des poètes a démarré avec les enfants du 1er centre de vacances autour du thème de la poésie, Valérie était à l'origine du projet avec Iris...

 

SOUVENIRS DU MARRONNIER

D'aussi loin que remonte ma mémoire
D'aussi loin me reviennent ces histoires
Je me souviens de ma naissance,
De la place qu'avec les ans je pris avec aisance.
Ils furent nombreux à profiter de mon ombrage,
A me faire partager, sans le savoir, leurs bavardages.
Je me souviens de ces jolis mois de mai,
Des filles plus belles que jamais,
De ce mois qui ne reviendra jamais.
Je me souviens des bals musette
Des jours où l'on faisait la fête,
Des brioches du 14 juillet,
Ces weckele dont on offrait la moitié.
En août, Notre Dame de l'Assomption,
Se fêtait en grandes processions
vers cette église ouverte aux deux confessions.
D'aussi loin que remonte ma mémoire
D'aussi loin me reviennent ces histoires
Assises là-bas, toujours rieuses,
Salomé et les tricoteuses,
De chaussettes de bûcherons faiseuses,
Ou de layette pour Phalsbourg vendeuses.
Je me souviens du galop des chevaux,
Que le gendarme Wilhelm menait boire Place du Château,
Des vaches du village qui, deux fois par jour,
De la fontaine de l'Eglise faisaient le tour.
Je me souviens de ce hert, ce gardien,
qui de la corne, à l'aube, sonnait.
De tous les cochons du Staëdtel qu'il faisait siens,
Puis avec lui à la ballade en forêt s'adonnaient.
J'entends encore les oies près de moi jacasser
Et pour le Ente Berri devant moi fièrement passer.
D'aussi loin que remonte ma mémoire,
D'aussi loin me reviennent ces histoires.
Je me souviens de Jacques le Cordonnier,
Du Musée du Sceau qui était hangar à pompiers,
De Toni qui de ses doigts le lin et le chanvre tissait,
D'Eugène, le Champêtre, qui jamais se taisait.
Je me souviens des cortèges blancs ou noirs,
Des tristesses de certains soirs,
Chagrins ou désespoirs...
Je mes souviens aussi des cris
D'hommes et de femmes dans la douleur
Des enfantements de tous petits,
Grandes joies et petits bonheurs.
Je me souviens de ces enfants qui à l'école allaient s'asseoir,
Tabliers kelsch, ardoises et petits mouchoirs,
Protestants d'un côté, catholiques de l'autre,
J'entends encore les leçons des uns et des autres.
D'aussi loin que remonte ma mémoire,
D'aussi loin me reviennent ces histoires.
Du hangar des pompiers, Charles en fit un Musée.
Le château trouva une nouvelle vocation,
Pour les touristes, il devint une nouvelle attraction.
Les Arts et Traditions, pour l'occasion,
Vinrent complérer le Sceau, quelle profusion.
Dans mon esprit, les dates, les gens se mélangent, pas de chance.
Pour tout cela, vous ne m'en voudrez pas, je pense.
Pourtant, je me souviens de toutes les tempêtes,
De ce vent qui souvent a fait rage dans ma tête,
Faisant çà et là des ravages sur ma belle silhouette.
Je fus, on me l'a dit, majestueux,
Mais, par le sol, pour vous je devins dangereux.
Et comme mon âge n'est plus très heureux,
A présent, fatigué et vieux,
Devant vous, avec sagesse, je m'incline,
Pour qu'à l'avenir les nouveaux temps se déclinent.
De mes 100 ans passés, qu'à la lecture on devine,
Pour preuve, mes cercles concentriques qui là se dessinent,
Je vous laisse, en souvenir, ces quelques lignes,
Le récit de mes pages tournées
Qu'au Jardin des Poètes un jour vous trouverez.
POUR QUE LOIN REMONTE MA MEMOIRE
POUR QUE LOIN VOUS REVIENNENT CES HISTOIRES
Une part de moi, ici je laisse
Pour que jamais on ne me délaisse.
Témoin de mon temps, j'ai été,
Témoins du vôtre, vous serez !
Merci à vous Poètes d'aujourd'hui et de demain
Qui dans votre Jardin en cet instant m'accueillez.
Votre Tendre et dévoué Marronnier.

(Souvenirs du Marronnier coupé en mai 2003, lieu-dit "le staëdtel".
Sur une idée originale de Valérie BAILLET

D'après les inspirations d'Elise du Staëdtel - mai 2003)

Staëdel vue du jardin (vieille ville)

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